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Cultiver la terre sans la chambouler, bêcheurs, nous ?

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Lors du premier cours de jardinage donné par Marcel, il y a longtemps déjà, vous osiez encore poser des questions. Vous l’avez souvent observé, lui et les autres jardiniers, labourer et bêcher sans relâche la terre avant de semer, mais pourquoi ? Marcel vous disait « Bé boudiou, parce qu’on a toujours fait comme ça ! ». Du coup, à la fois (soyons honnêtes) découragé par l’ampleur du travail à réaliser pour ce travail physique et un peu frustré par le manque de justification donné pour ce geste, vous essayez d’en savoir davantage. C’est donc l’objet de notre feuille de chou du jour !

Idée reçue : Pourquoi est-on persuadé qu’il faut retourner et labourer la terre ?

Après avoir cuisiné un peu Marcel, nous avons réussi à trouver des arguments un peu plus méthodiques pour justifier ces retournements réguliers du sol :
● Pour aérer la terre et faciliter l’enracinement des végétaux
● Pour retirer les cailloux et les racines des cultures arrachées l’année précédente
● Pour faciliter l’infiltration de l’eau « parce que sinon, vot’ terre, c’est du béton crénom… »

Oui mais voilà, en réalité le bêchage met le sol à nu, ce qui le rend vulnérable à l’érosion et à la sécheresse tout en perturbant la micro-faune. Alors, si le résultat du labour peut être satisfaisant les premières semaines, les rangs de légumes bien sages nécessitent un apport d’engrais, les semis peinent à lever passées les premières pluies et vous finissez par entrer dans l’engrenage pesticides/engrais.

Les alternatives au bêchage et au labour

Dans la nature, nul besoin d’intervention humaine pour aérer le sol, tout se fait tout seul ! Alors au potager, voici quelques astuces pour décompacter la terre de manière plus… pacifiste :
● Mettre en place des buttes de culture constituées de matière organique : utilisez par exemple des feuilles mortes, des débris végétaux ou votre compost de cuisine. Cela permet d’améliorer la structure du sol, de le protéger de l’effet tassant de la pluie et de le fertiliser.
● Mettre en place un paillage ou des végétaux couvre-sol sur les surfaces non utilisées : ils permettent de protéger la terre du dessèchement et de l’amender en nutriments lorsqu’il s’agit d’engrais verts comme la consoude, la phacélie ou la moutarde. Pensez simplement à les couper avant qu’ils ne montent en graines pour éviter une invasion
● Éviter de piétiner les zones cultivées pour limiter le tassement du sol
● Si vous tenez à intervenir, utilisez une grelinette plutôt qu’une bêche, pour aérer le sol en surface sans le retourner. C’est aussi moins fatigant !

Tenez, rien que pour vous, voici une petite maxime à délivrer sur un ton mystérieux à Marcel, parce que vous aussi, vous vous y connaissez en jardinage maintenant : nourrissez votre sol, pas vos plantes !

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